Quelques mots sur l'auteur :
Haruki Murakami est né à Kyoto au Japon le 12 janvier 1949. Il est le fils d'un enseignant de littérature japonaise. Après des études à l'Université de Waseda, il sera responsable d'un bar de jazz pendant une huitaine d'années. En 1979, il publie son premier roman, "Ecoute le chant du vent" qui sera récompensé par le prix Gunzo. Désireux de se couper du Japon, il s'expatriera pendant quelques années, vivant en France puis aux Etats-Unis. En 1995, touché par le tremblement de terre de Kobe et l'attentat au gaz sarin dans le métro, il rentrera dans son pays ayant l'intuition que sa place est sur sa terre natale. Ecrivain reconnu dans le monde entier, il a publié la trilogie IQ84 qui a connu un immense succès.
Histoire :
Le 20 mars 1995, les voyageurs de diverses lignes du métro japonais éprouvent des difficultés à respirer. Aucun d'entre eux ne sait à cet instant qu'ils sont les victimes d'un ignoble attentat : empoisonnement par le gaz sarin. La secte d'Aum est à l'origine de cette atroce lâcheté. Certains vont mourir, d'autres garderont des séquelles à vie, de la plus "bénigne" aux plus graves.
Mon avis :
C'est la première fois que je me laisse aller à lire un essai. J'avais auparavant tenté l'expérience mais cela c'était avéré une catastrophe. Pourtant il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Alors n'étant pas une imbécile ;-), je me suis plongée dans cet essai. Je me rappelais plus que vaguement cet attentat, étant passée au-dessus comme beaucoup d'entre nous. En entrant dans ce récit, j'ai appris l'ampleur de ce désastre. Il est écrit sous forme d'entretiens entre l'auteur et les victimes du gaz. La première chose qu'il m'a marqué c'est la "douceur" des témoignages de chacun. Même ceux qui ont été durement touchés, n'éprouvent pour la plupart aucune haine à l'encontre de leurs bourreaux. Ils ne comprennent pas ce qui leur est arrivé. On retrouve tout au long de ces échanges la pudeur japonaise, on ne se plaint pas, on garde la tête haute, on continue à vivre. J'ai eu envie de hurler pour eux... l'injustice de cet acte d'une immense lâcheté. Haruki Murakami est resté impartial, essayant de comprendre le point de vue de tous, tout en expliquant au lecteur son pays, ses failles, ses faiblesses. Souhaitant être neutre jusqu'au bout il a aussi interrogé des membres de la secte d'Aum afin que chacun puisse se faire sa propre opinion. J'ai vraiment adoré, malgré un certain sentiment de tristesse à chaque page tournée.
Vocabulaire :
Catharsis : purification éprouvée par les spectateurs pendant et après une représentation dramatique.
Résilience : résistance d'un matériau à un choc.
Eschatologie : théorie de la fin du monde.

Quelques mots sur l'auteur :